La formule gagnante qu’on vous a transmise à un jeune âge est peut-être quelque chose qui vous empêche de passer à l’action aujourd’hui. Dans cet épisode spécial d’Audacieu(se), l’animatrice Lisa Bragg nous parlera du syndrome de la bonne fille, de la théorie du crabe dans le sceau et de la façon dont vous pourriez obtenir ce que vous voulez maintenant que les obstacles traditionnels ne sont plus là.
 
 

Lisa Bragg :
Dans cet épisode d’Audacieu(se), je vais faire preuve d’audace et changer un peu le déroulement du balado. Au lieu de discuter avec une invitée, je vais parler d’audace et de certains des obstacles qui nous empêchent d’être vues et entendues, et de partager notre valeur unique avec le monde.

Lisa Bragg :
Bonjour, je m’appelle Lisa Bragg et voici Audacieu(se), un balado relatant des histoires de femmes qui se distinguent, destiné à leurs semblables, et qui vous est présenté par BMO pour Elles. J’adore cette phrase, « un balado relatant des histoires de femmes qui se distinguent, destiné à leurs semblables », parce que nous invitons vraiment des femmes extraordinaires à bien des égards. Si vous écoutez régulièrement l’émission, vous savez que je pose toujours trois questions à la fin. Aujourd’hui, nous nous concentrerons sur la deuxième question, c’est-à-dire, « À quel moment auriez-vous aimé être plus audacieuse? »

Lisa Bragg :
Laissez-moi vous poser la question : À quel moment auriez-vous aimé être plus audacieuse? Certaines de nos invitées ont répondu qu’elles sont toujours audacieuses, et je les crois. Leur façon de penser et leurs actions sortent toujours du cadre habituel. D’habitude, elles rient après avoir dit : « Je suis toujours audacieuse », car comme vous le savez, cela va à contre-courant et c’est en partie ce qui fait leur réussite, mais elles rient parce qu’elles savent que ce n’est pas très courant. Chaque fois, j’essaie d’en savoir plus, parce que ça me semble exceptionnel de toujours être audacieuse. Elles prennent des risques, et sont confiantes et courageuses, et c’est ce qui leur permet souvent d’avoir une longueur d’avance sur les autres. Cette attitude implique également certains risques.

Lisa Bragg :
Je fais partie de celles qui veulent être plus audacieuses, et lever leur main dans les airs, sans me soucier des critiques. Et ce sont souvent les normes sociales ou une mentalité de rareté qui nous empêchent d’agir ainsi. Et parfois, nous nous faisons obstacle à nous-mêmes. J’étudie cette question et je regarde ce que font les plus audacieuses d’entre nous depuis des années. Dans l’émission d’aujourd’hui, nous parlerons des facteurs qui nous empêchent d’agir, dont la modestie ou les constructions sociales, comme la mentalité du panier de crabes, puis des contrôleurs d’accès. Ensuite, nous examinerons comment certaines d’entre nous évitent de prendre des risques et ne repoussent pas leurs limites parce qu’elles souffrent du syndrome de la « bonne fille ».

Lisa Bragg :
Voici quelques idées sur la façon d’être plus audacieuse et d’échapper à cette mentalité qui nous empêche d’être vues et entendues, et de partager ce que nous avons à offrir au monde. Tant de femmes extraordinaires ont besoin d’être vues et entendues, et nous vivons une période où bon nombre d’entre nous ont envie ou besoin d’être plus audacieuses. Vous ne profiterez pas des occasions qui vous intéressent si vous cachez vos talents. Cet épisode s’adresse peut-être directement à vous ou à une personne que vous dirigez ou que vous connaissez.

Lisa Bragg :
Commençons par parler du panier de crabes, car je suis certaine que vous vous demandez de quoi il s’agit. Si vous voyez un jour des crabes vivants dans un panier, vous verrez qu’il n’est pas couvert, et il n’est pas nécessaire qu’il le soit, car les crabes restent dans le panier. C’est incroyable, car il est très facile d’en sortir. Si l’un d’eux tente de le faire, les autres le retiendront, et iront même jusqu’à lui arracher des membres. Il est à la fois étrange et fascinant de voir les crabes qui pourraient facilement s’échapper rester dans le panier.
Lisa Bragg :

Souvent, nous restons dans notre panier même si nous voulons en sortir ou nous nous sentons obligées d’y rester ou de ne pas laisser les autres en sortir. Cela témoigne d’un manque de vision et d’une attitude égoïste. Même si nous ne nous arrachons pas de membres entre nous, nous éprouvons nous aussi une aversion aux pertes. C’est-à-dire que nous pensons que si nous ne pouvons pas avoir quelque chose, les autres ne doivent pas l’avoir non plus. La Dre Swart, de la MIT Sloan School of Management et auteure de Neuroscience for Leadership, écrit : « Les humains porteront atteinte à la confiance en soi d’un collègue qui réussit mieux que les autres par dépit, jalousie ou ressentiment. » Elle dit aussi que « Si nous voyons un crabe s’échapper du panier, ce qui équivaut à voir un collègue recevoir une promotion, cela nous donne l’impression d’être exclus ou de vivre un échec, et nous incite à craindre le changement. L’autre crabe suscite chez nous un sentiment de honte, de peur, de dégoût, de tristesse et même de colère ».

Lisa Bragg :
C’est profond pour une analogie avec des crabes, pas vrai? Les humains se comportent de la même façon que les crabes, et peut-être avez-vous été témoin d’un tel comportement dans votre entourage, au travail ou dans votre famille. Peut-être que vous avez déjà vu une personne demander à une autre pour qui elle se prenait. Nos cerveaux sont programmés de manière à éviter avec deux fois plus de force de perdre quelque chose que de chercher à recevoir une récompense. Nous ne voulons pas perdre quelqu’un, donc nous le rabaissons au lieu de l’encourager à poursuivre son travail exceptionnel et de suivre son exemple. Cela témoigne également d’une mentalité de rareté qui pousse les gens à penser que si quelqu’un obtient une part du gâteau, il n’y en aura pas pour eux, même si cette personne accomplit un travail audacieux et génial, et que les autres pourraient saisir d’autres occasions.

Lisa Bragg :
Passons maintenant aux contrôleurs d’accès. Il s’agit des personnes qui choisissaient la plupart des personnes qui recevaient l’attention du public. Au cours des dernières années, à cause de la technologie, nous avons constaté un réel changement du rôle de contrôleur d’accès. Il a été perturbé. Nous avons déjà oublié que ce n’est que depuis 2006 que nous pouvons publier des vidéos de chat en ligne. À cette époque, je travaillais encore pour le téléjournal, et j’étais vidéographe, donc non seulement j’interviewais les gens en tant que journaliste, mais je filmais aussi avec la caméra.

Lisa Bragg :
Je couvrais donc une actualité politique dans une petite ville de l’Ontario, au Canada, et un adolescent et ses amis voulaient que je les filme, mais leur histoire n’avait rien à voir avec la politique. Nous avons discuté et le garçon m’a dit qu’il avait publié de nombreuses vidéos sur YouTube et qu’il allait rencontrer des producteurs à Los Angeles; il a mentionné toute une liste de noms, dont la plupart ne me disaient rien à ce moment-là. Il m’a raconté tout ça sur le trottoir, et j’étais impressionnée par son talent et son charisme.

Lisa Bragg :
Je suis donc retournée à la station et j’ai dit au responsable : « Écoutez, nous devons raconter l’histoire d’un adolescent de Stratford qui se produit sur YouTube, car il a une occasion en or qu’il a créée lui-même, et expliquer comment les choses changent. » Il avait seulement 13 ou 15 ans à l’époque. Le responsable des affectations, mon supérieur, qui décidait quelles histoires étaient diffusées, m’a regardé, a roulé des yeux et m’a dit avec dédain : « YouTube ne sera jamais populaire. Non, nous ne présenterons pas cette histoire. »

Lisa Bragg :
De toute évidence, Justin Bieber est devenu célèbre sans que je présente son histoire à la télé, mais ce fut un moment très important pour moi. Je me suis rendu compte qu’un changement du contrôle de l’accès était sur le point de se produire et que ce jeune publiait ses vidéos pour qu’elles soient trouvées directement par le public et par une nouvelle vague de producteurs, et que les contrôleurs d’accès traditionnels manquaient des occasions.

Lisa Bragg :
J’ai donc quitté mon emploi au téléjournal presque tout de suite après pour démarrer ma propre entreprise de médias et de marketing. L’auteur à succès et spécialiste du marketing Seth Godin parle des contrôleurs d’accès traditionnels dans un grand nombre de ses textes et dit « qu’il y a moins de gens que jamais qui vous disent “non” lorsque vous leur présentez vos projets, vos idées ou vos chansons. Si vous voulez les présenter, faites-le ». Il ajoute également que « d’un autre côté, cela signifie qu’il y a moins de possibilités que les gens vous disent “oui”. Maintenant, c’est à vous de le faire ». C’est à vous d’être audacieuse.

Lisa Bragg :
« Si vous travaillez pour une organisation, la règle sous-jacente est simple. Les gens n’ont pas peur de l’échec », dit-il. « Ils ont peur d’être blâmés. » Il nous supplie d’éviter de nous regarder dans le miroir et de nous dire « non » et nous met même au défi de nous exercer à nous regarder dans le miroir en nous disant « oui ». Dites-vous « oui » et faites valoir votre talent. Publiez votre contenu dès maintenant. D’autres contrôleurs d’accès apparaîtront possiblement à mesure que ces systèmes changeront et évolueront.

Lisa Bragg :
Oui, il existe des algorithmes qui dirigent le public, mais nous traversons toujours une période de bouleversements pendant laquelle vous pouvez être vues et entendues à un coût relativement faible. Vous pouvez faire preuve d’audace, croire en vous et dire au monde ce que vous avez à lui offrir. Vous pouvez choisir d’être audacieuses et trouver un public. Vous pouvez choisir de dire au monde ce que vous avez à offrir et transmettre vos messages. En tant que lectrice ou consommatrice de contenu, vous choisissez ce qui a du succès, et ça aussi, c’est une marque d’audace.

Lisa Bragg :
Vous pouvez choisir d’aider une femme qui vous précède, qui vous succède ou qui se trouve à l’autre bout du monde à réussir, parce qu’il y a une vie à l’extérieur du panier de crabes et que les contrôleurs d’accès et les anciennes règles commencent à disparaître. Les contrôleurs d’accès et la mentalité du panier de crabes sont principalement des obstacles externes. Ce sont des obstacles de la société qui nous empêchent de faire preuve d’audace, mais certaines d’entre nous se mettent elles-mêmes des obstacles qui les empêchent d’être vues et entendues, et de partager leur valeur avec le monde, ou doivent travailler sur d’autres points en parallèle.

Lisa Bragg :
Nous sommes peut-être des trésors cachés qui se tiennent loin des projecteurs. Parce que comme c’est mon cas, à un très jeune âge, on vous a peut-être appris à être une bonne fille et récompensée pour votre mérite. Parmi les autres obstacles figure le syndrome de la « bonne fille ». Vous vous y identifierez peut-être, vous restez discrète, vous faites du bon travail, du travail formidable je dirais même, et vous espérez que quelqu’un vous remarque. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, n’est-ce pas?

Lisa Bragg :
Lorsque je donne des conférences et des ateliers, je parle souvent de Courteney Cox, je sais que bon nombre d’entre vous savent de qui je parle, car elle a tenu un rôle dans la série Friends, qui a connu un regain de popularité. Au cours de ces rencontres, j’ai présenté le vidéo-clip de Dancing in the Dark, une chanson à succès de 1984, dans lequel elle danse avec le chanteur Bruce Springsteen. Le chanteur invite une jeune admiratrice, Courteney Cox, à quitter le public et à monter sur scène pour danser avec lui. On a longtemps cru que Courteney se trouvait simplement au bon endroit, au bon moment.

Lisa Bragg :
Quelle chance! C’est une façon incroyable de lancer une carrière d’actrice, être repérée en dansant dans une foule. Mais la vérité, c’est que Courteney n’a pas été choisie par le chanteur, elle a été placée dans la foule. Encore une fois, cela brise l’illusion que quelqu’un vous trouvera, comme une perle cachée dans une mer de gens, en train de danser dans l’ombre. Cette apparition a peut-être propulsé sa carrière en raison de sa grande visibilité auprès du public, mais l’actrice s’est mise en valeur pour saisir des occasions et n’a pas simplement attendu qu’elles viennent à elle. Elle ne se tenait pas la tête baissée en attendant que quelqu’un la choisisse, elle demandait activement aux gens de la choisir, elle était présente et elle avait l’audace de dire que c’était elle qui devait être choisie. Vous attendez peut-être votre tour. Il se peut que vous attendiez depuis plus longtemps que vous ne voulez l’admettre et que vous ratiez des occasions en attendant que quelqu’un vous choisisse. Nous devons nous choisir avant tout.

Lisa Bragg :
À quel moment auriez-vous aimé être plus audacieuse? C’est la question que je vous ai posée au début du balado, mais vous êtes probablement audacieuse si vous écoutez ce balado. Maintenant, passez à un niveau supérieur ou aidez quelqu’un d’autre à le faire. Tout le monde peut réussir en dehors du panier de crabes. Le pouvoir des contrôleurs d’accès change; ils se retirent. Nous avons le temps d’examiner les occasions qui viennent avec la possibilité d’accéder à un public. Soyez vues et entendues. Nous avons certaines veilles croyances sur nous-mêmes, donc nous devons mettre au défi notre « bonne fille » intérieure d’être plus audacieuse et de se choisir. C’est faire preuve d’audace que de se mettre sous les projecteurs, et ces projecteurs peuvent correspondre à ce que vous voulez. Mais lorsque vous aurez réussi, invitez les autres à se joindre à vous.

Lisa Bragg :
Je m’appelle Lisa Bragg et voici Audacieu(se), un balado relatant des histoires de femmes qui se distinguent, destiné à leurs semblables, et qui vous est présenté par BMO pour Elles. Merci de m’avoir écoutée! Lors de notre prochain épisode, nous reprendrons la programmation habituelle et nous recevrons une nouvelle invitée. Si vous avez aimé cette émission, ou n’importe quelle autre émission, veuillez l’évaluer et la commenter. Plus ces émissions reçoivent de cotes de cinq étoiles, plus il y a de chances que d’autres personnes les trouvent. Merci à notre équipe de MediaFace. À bientôt!
 
 

À propos du balado :
Présenté par BMO pour Elles et animé par la journaliste et entrepreneure primée Lisa Bragg, Bold(h)er propose des entretiens qui suscitent la réflexion et qui incitent les auditeurs à prendre des décisions audacieuses, dans la vie comme en affaires.