Alors que la pandémie de COVID-19 et ses répercussions professionnelles, sociales et économiques se poursuivent, il est primordial de faire le point et de se donner les outils nécessaires pour traverser la tempête sur le plan émotionnel. C’est exactement ce que fait Lisa avec Paulette Jagers, chef de l’inclusion à BMO, et Joyce Lum, directrice principale, qui offrent leurs conseils pour renforcer et maintenir sa résilience personnelle dans le cadre de cet épisode de la série spéciale d’Audacieu(se) sur le leadership pendant le coronavirus.

Ensemble, elles mettent en pratique des techniques de respiration, font part des bénéfices psychologiques de la méditation, de l’exercice, du sommeil et de la modération, et travaillent à des stratégies d’atténuation de la peur qui sont essentielles à la trousse de chaque leader, aujourd’hui et dans un avenir meilleur.

 

Joyce Lum :
La résilience consiste à se remettre d’une épreuve et à rebondir vers l’avant. Nous sommes tous résilients et nous avons surmonté de nombreux défis et difficultés tout au long de notre vie jusqu’à aujourd’hui. Ce qui est vraiment formidable au sujet de la résilience, c’est qu’il s’agit d’une compétence que l’on peut acquérir et enseigner et qu’il est possible de rehausser.

Lisa Bragg :
En des temps favorables, être un leader, c’est faire un tour de montagnes russes. Mais en cette période, c’est un défi, même pour les personnes les plus avisées et chevronnées. Bonjour, je m’appelle Lisa Bragg. Je m’entretiens avec des leaders de la façon dont elles font preuve d’audace, de leurs difficultés et de leurs chutes, ainsi que des triomphes et des leçons apprises pendant la pandémie. Dans cet épisode, nous entendrons Paulette Jagers, chef de l’inclusion à BMO Groupe financier, et Joyce Lum, directrice principale. Nous voulons tous en terminer avec la COVID-19. Toutefois, il s’agit d’un marathon, et non d’un sprint comme nous l’aurions souhaité. Comment pouvons-nous maintenir notre énergie mentale?

Paulette Jagers :
Eh bien, je crois qu’en ces temps-ci, il est primordial de prendre soin de soi, surtout si vous vous sentez dépassé. Il est important de mettre en place une activité récurrente, comme vous le feriez pour n’importe quel autre jour. Vous avez entendu des gens dire qu’il faut continuer à faire son lit, à se doucher, à prendre un petit déjeuner. C’est bien d’avoir une routine. Il y a quelques autres choses que je recommanderais. La première consiste assurément à faire de l’exercice. Si vous pouvez profiter du plein air, c’est encore mieux. C’est l’une des meilleures choses que nous puissions faire pour refaire le plein d’énergie. Certaines personnes suivent différents programmes, mais l’essentiel est de bouger, surtout en période d’isolement à la maison.

Il faut évacuer le stress. La partie la plus difficile de tout entraînement est en fait les 15 minutes qui le précèdent. Si on arrive à trouver 15 raisons de ne pas vouloir transpirer, on changera d’avis 15 fois. Des recherches suggèrent que si vous vous entraînez, votre cerveau crée plus de sérotonine, ce qui envoie des messages de bonheur et de bien-être à votre système nerveux. Si vous vous entraînez 30 ou 40 minutes par jour, vous pouvez recharger votre batterie de 20 %.

Je recommanderais également de faire des pauses. Quelque part entre 90 et 120 minutes, votre corps commence à avoir besoin d’une période de repos et de récupération. Profitez de ce temps pour méditer ou calmer votre esprit, concentrez-vous sur votre respiration; cela vous aidera à gérer votre anxiété et sera bénéfique pour votre système immunitaire. Il y a aussi le sommeil. Nous avons besoin d’environ sept à neuf heures de sommeil ininterrompu pour rester en santé, et c’est essentiel pour le rajeunissement du cerveau.

Donc, si nous manquons de sommeil, parce que nous sommes inquiets ou anxieux, cela peut nous embrouiller l’esprit. Nous pouvons être épuisés, ce qui aura une incidence négative sur notre humeur, notre vigilance et même notre productivité. Nous avons tous entendu dire que notre routine du matin est importante, mais celle du soir est tout aussi importante pour être en mesure de refaire le plein d’énergie et de bien dormir. Et enfin, nos relations.

Une étude de Harvard sur le développement des adultes a démontré qu’avoir quelqu’un sur qui compter peut contribuer à calmer le système nerveux. Ainsi, votre cerveau demeurera plus longtemps en santé et vos douleurs, tant émotionnelles que physiques, diminueront. Il ne s’agit pas seulement du nombre d’amis que vous avez, mais aussi de la qualité des relations, ainsi que de la vulnérabilité et de la profondeur qui existent dans celles-ci. Dans quelle mesure vous sentez-vous en sécurité de vous raconter mutuellement des choses?

Je crois que nous l’avons vu avec Zoom ou Google Hangouts, les outils que les gens utilisent. Dans une courte période, ils en disent plus sur leur vie qu’ils ne l’ont probablement jamais en plusieurs années de collaboration. Il est donc très utile de pouvoir établir des liens et se soutenir les uns les autres.

Lisa Bragg :
Il y a beaucoup à faire, beaucoup de choses à analyser. Si nous nous arrêtions et faisions une pause tout de suite, je suis certaine que beaucoup de gens estimeraient que cela leur donne assez d’éléments à utiliser pour avancer. Mais la plupart des leaders et des gens d’affaires en ce moment ont tellement de choses en jeu. Nous devons nous occuper de nos familles, mais nous devons aussi gérer les besoins émotionnels de nos équipes ou les fonctions de base de nos entreprises. Va-t-on avoir assez d’argent pour continuer à exercer nos activités? Ou, si vous fournissez des services essentiels, êtes-vous capable de continuer à courir rapidement pour suivre le rythme? Avez-vous d’autres idées sur la façon de passer à travers tout cela, alors que nous essayons d’inspirer profondément?

Paulette Jagers :
Oui, c’est intense. C’est une période qui provoque beaucoup de peur, et c’est tout à fait normal et attendu. Il faut donc d’abord reconnaître ces sentiments, et être à l’aise avec le fait que c’est acceptable. Ensuite, si vous n’êtes pas en mesure de prendre des décisions pour le moment, parce que vous n’avez pas tous les renseignements nécessaires – comme nous l’avons entendu dans certains cas, des gens ont actuellement des difficultés avec leur entreprise ou doivent prendre des décisions financières difficiles –,

parfois, vous avez besoin d’un temps nécessaire à l’obtention des faits et de tous les renseignements requis. C’est la première chose. Assurez-vous d’avoir les faits, de disposer de tous les renseignements requis. Et si vous ne pouvez pas obtenir l’information nécessaire ou s’il y a une ambiguïté au point où vous avez un certain délai pour faire des choix, commencez à planifier des scénarios. J’ai parlé à des chefs d’entreprise et à des femmes de la collectivité qui commencent à le faire.

Cela les aide au moins à se créer quelques options, à se créer des choix. Lorsque nous avons peur, le mieux est de pouvoir prendre des mesures. Même s’il ne s’agit que d’une ou deux étapes par jour jusqu’à ce que nous surmontions cette sensation de panique ou de peur, cela contribuera à susciter un sentiment de confiance et de contrôle par rapport à ce que nous pouvons gérer. Il est important de trouver du soutien auprès des autres pour s’aider les uns les autres à réfléchir à la résolution d’un problème, de communiquer avec des personnes qui vous aident à réfléchir à certains de ces scénarios.

Lisa Bragg :
Tout à fait. Les groupes de réflexion dont je fais partie, et il y en a plusieurs, sont précieux. Le fait de pouvoir communiquer avec d’autres femmes, d’autres femmes dirigeantes d’entreprise et propriétaires d’entreprise en cette période m’a grandement aidée. Le moment est donc idéal pour communiquer avec d’autres. J’ai une famille extraordinaire, mais en ce moment, le fait d’avoir un niveau de soutien différent venant de groupes de réflexion et de bons amis est formidable. Merci pour ces conseils.

Joyce, je souhaiterais avoir votre avis sur ce que nous entendons et voyons partout en ce moment, c’est le mot « résilience ». Que signifie le mot « résilience »?

Joyce Lum :
C’est une excellente question Lisa, car comme vous l’avez dit, la résilience est une priorité pour bon nombre d’entre nous en ce moment. Et nous entendons souvent l’expression « se remettre d’une épreuve »; j’aimerais l’élargir et dire que la résilience consiste à se remettre d’une épreuve et à rebondir vers l’avant. Nous sommes tous résilients et nous avons surmonté de nombreux défis et difficultés tout au long de notre vie jusqu’à aujourd’hui. Ce qui est vraiment formidable au sujet de la résilience, c’est qu’il s’agit d’une compétence que l’on peut acquérir et enseigner et qu’il est possible de rehausser.

Si l’on réfléchit à ce qu’est la résilience, c’est faire preuve de souplesse, être capable de s’adapter et avoir l’énergie mentale, émotionnelle, physique et spirituelle pour donner le meilleur de soi-même. Pour être résilients, nous devons également connaître nos valeurs afin de voir si elles correspondent à ce que nous faisons au quotidien et aux choses que nous planifions à mesure que nous progressons.

Enfin, la résilience, c’est aussi avoir confiance et tirer parti de ce que j’appellerais notre force intérieure, et vraiment croire que nous allons surmonter les épreuves et persévérer. J’aime considérer la résilience sous l’angle de tous ces différents éléments, afin qu’elle nous aide à traverser ces moments difficiles actuellement.

Lisa Bragg :
En effet, nous surmonterons cette épreuve. Cela prend du temps et nous devons aussi être indulgents envers nous-mêmes. J’ai lu que la plupart d’entre nous, même avant la COVID-19, passaient 14 heures par semaine à s’inquiéter. Ce chiffre est bien plus élevé en ce moment; ça représente beaucoup d’inquiétudes et un lourd poids à porter. Je ne veux même pas essayer de deviner quel serait ce chiffre actuellement, mais qu’est-ce qu’une inquiétude? Savez-vous pourquoi nous nous inquiétons tant?

Joyce Lum :
Oui. Une inquiétude est un flux constant de pensées que vous avez à propos d’une situation particulière et qui pourrait avoir une incidence négative sur vous à l’avenir. Comme vous l’avez dit, Lisa, il est normal que nous éprouvions plus d’inquiétudes et de craintes pendant cette période, car nous ressentons de l’incertitude et nous ne savons pas ce que nous devons faire. En ce moment, il est très important de reconnaître qu’il est acceptable de ressentir de l’inquiétude et de la peur, car c’est un signe que notre cerveau essaie réellement de nous protéger.

Lisa Bragg :
Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur les raisons pour lesquelles il est acceptable actuellement de parler des inquiétudes que l’on éprouve et de dissiper ces inquiétudes?

Joyce Lum :
J’aime le fait que vous ayez dit qu’il est acceptable de parler des inquiétudes que l’on éprouve; il est important d’en parler. J’aime offrir ce point de vue, à savoir que les sentiments ne sont ni bons ni mauvais. Nos sentiments sont en quelque sorte des données qui nous indiquent quelque chose. Par exemple, vous pourriez ressentir de la colère, car une valeur qui vous est chère est attaquée en ce moment. Vous pourriez aussi ressentir de la tristesse parce que quelque chose que vous aimiez a disparu, ou vous pourriez même vous sentir reconnaissant parce que vous êtes en sécurité et en santé.

Lorsque nous nous inquiétons, nous sommes alertés d’un problème qui pourrait devoir être résolu. Les gens résilients ressentent encore de l’anxiété et éprouvent encore des inquiétudes et des craintes, mais ce qu’ils ont appris, c’est comment empêcher leurs inquiétudes et leurs craintes de les paralyser et de les submerger.

Lisa Bragg :
Vous utilisez un petit outil qui est très simple. Pouvez-vous nous en parler? Je sais qu’un visuel pourrait aider, mais pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement?

Joyce Lum :
Bien sûr. Lorsque des inquiétudes sont négligées, elles peuvent entraîner une spirale descendante, causant une forte anxiété, une pensée catastrophiste et, pour certains, des crises de panique. Il existe un outil consistant à imaginer le pire scénario, le meilleur scénario et le scénario le plus probable, qui peut contribuer à prévenir cette spirale descendante. En gros, vous prenez une feuille de papier et, en haut de la page, vous décrivez simplement votre inquiétude.

À titre d’exemple, disons que vous devez présenter un argumentaire afin d’obtenir un financement pour votre entreprise en ce moment. Vous inscririez donc cette inquiétude ou situation en haut de la page, et en dessous, vous établiriez trois colonnes. Dans la première colonne, vous dresseriez la liste de tous les pires scénarios qui vous viennent à l’esprit. Par exemple, dans ce cas-ci, vous pourriez dire : « Si je présente un argumentaire afin d’obtenir le financement dont j’ai besoin pour mon entreprise, le pire scénario serait de me ridiculiser. Et ensuite? Mes associés seraient furieux. »

Et vous poursuivez sur cette voie en vous demandant « Et ensuite, que se passerait-il? » La partie émotionnelle de votre cerveau étant déjà activée, c’est là qu’il faut commencer. Vous commencez donc par les pires scénarios. Ensuite, vous passez à l’extrême droite, c’est-à-dire la troisième colonne, et vous dressez la liste de tous les meilleurs scénarios qui vous viennent à l’esprit. C’est ce que j’appellerais la pensée la plus audacieuse, la plus extravagante et la plus folle.

C’est une vision des choses très utopiste et faire cela vous force à ne plus penser au pire des scénarios. Dans ce cas-ci donc, supposons que vous cherchez à obtenir du financement pour votre entreprise. Le meilleur scénario est que sans préparation, vous allez être remarquable. Et ensuite? Vous recevrez dix fois plus de financement que ce que vous avez demandé. Alors, vous poursuivez sur cette voie et à mesure que vous rédigerez ces pensées, vous réaliserez que, dans certains cas, elles vous feront rire, ce qui est formidable.

En effet, cela vous aidera à diminuer votre anxiété et vous mettra dans de meilleures conditions pour faire face à l’inquiétude. Cela permettra également de mobiliser la partie rationnelle de votre cerveau. Une fois que vous avez réfléchi au pire scénario et au meilleur scénario, vous passez à la colonne du milieu, et vous êtes maintenant prêt à dresser la liste des scénarios les plus probables qui se produiront. Dans ce cas de figure, ce pourrait être qu’il vous faudra du temps pour vous préparer, que vous éprouverez de la nervosité, que vous ferez de votre mieux et que tout ira bien. Ensuite, une fois que vous avez indiqué les scénarios les plus probables, vous êtes plus à même de trouver deux ou trois choses que vous pourriez faire pour dissiper vos inquiétudes.

Lisa Bragg :
Et vous m’avez aussi parlé de « bavardage mental ». Je crois que j’ai une idée de ce dont il s’agit, mais j’aimerais que vous nous en parliez. 

Joyce Lum :
Oui, le bavardage mental. C’est un bavardage qui se produit dans notre tête et qui peut être le résultat de certaines pensées pièges que nous avons de temps à autre. En ce qui a trait au bavardage mental, nous devons être conscients de ce que sont les pensées pièges afin de se rendre compte si l’on tombe dedans. On en dénombre environ huit, mais il y en a quatre qui peuvent être perturbatrices. L’une d’entre elles est le fait de toujours se concentrer sur le négatif.

Il y a aussi le fait de voir l’avenir, c’est-à-dire, lorsque vous essayez de prédire ce qui va se passer. La troisième est le fait de lire dans les pensées, ce qui se produit souvent dans le cadre de relations très étroites que nous entretenons avec les autres. Nous croyons que nous pouvons lire dans leurs pensées. Nous pourrions donc finir les phrases à leur place. Et la quatrième est le fait de blâmer les autres, qui est à mon avis le pire piège de tous, parce que vous n’assumez pas la responsabilité de votre rôle dans une situation donnée.

Et si vos auditeurs veulent en savoir plus sur l’outil permettant d’établir le pire scénario, le meilleur scénario et le scénario le plus probable, ainsi que sur les pensées pièges, il existe un excellent livre qui approfondit ces sujets : The Resilience Factor de Karen Reivich et Andrew Shatté.

Lisa Bragg :
Vous savez, j’ai malheureusement eu des entretiens difficiles dernièrement avec des clients ou avec des membres de mon personnel émus aux larmes à cause de tous ces changements. Beaucoup de changements ont lieu très rapidement et c’est difficile à vivre. Comment pouvons-nous aider les autres à traverser cette période?

Paulette Jagers :
Oui, Lisa, je crois qu’en ce moment, tout le monde cherche à y voir plus clair et à avoir des certitudes. Parfois, il se peut que vous n’ayez pas tous les renseignements nécessaires pour rassurer les gens. Je crois donc qu’il est important d’informer les autres des résultats que vous cherchez à obtenir. Premièrement, il pourrait s’agir de leur assurer que nous allons maintenir ce secteur d’activité et essayer de le faire croître dès que nous le pourrons de nouveau. Un autre point est de veiller à leur bien-être, le fait que vous vous souciez vraiment d’eux en tant qu’individus et en tant qu’employés. Il est donc très important d’être là et d’écouter leurs préoccupations et leurs sentiments.

C’est ce qu’on appelle offrir un environnement sûr ou une sécurité psychologique. Vous voulez vous assurer que les gens peuvent faire part de leurs inquiétudes, de leurs craintes ou de leur anxiété, sans aucun jugement, et être réellement sincères à propos de ce qu’ils ressentent en ce moment. Ensuite, une fois que vous leur avez fait savoir que vous vous souciez d’eux et que vous comprenez vraiment ce qu’ils veulent dire, expliquez-leur le contexte général et la situation concrète. Le but est qu’ils puissent comprendre les décisions auxquelles vous devrez faire face et le fait que vous essayez de les fonder sur des faits, dès que vous les avez.

Il faut être très honnête et transparent avec vos interlocuteurs et leur dire qu’il est difficile de ne pas être en mesure de leur apporter des certitudes ou de la clarté, mais dès que vous aurez des renseignements, vous leur en ferez part et vous les inclurez dans ce qui se passe. Je crois qu’il faut faire part de ces décisions difficiles, mener à bien ces entretiens en faisant preuve d’empathie et de compassion. Les choses sont compliquées pour vous en tant que propriétaire. Vous voulez vous assurer qu’ils réussissent et que vous allez faire tout ce que vous pouvez pour atténuer les risques découlant de ce qui se passe en ce moment.

Si vous agissez d’une manière humaine, je crois que tout le monde comprend qu’il s’agit d’une période difficile pour tous, n’est-ce pas? Nous devons nous aider les uns les autres à traverser cette épreuve. Vos interlocuteurs pourraient même avoir des solutions ou des idées sur lesquelles réfléchir. Je crois que le fait de les faire participer à ce processus leur donne aussi un sentiment de contrôle sur ce qu’ils peuvent faire pour être utiles.

Lisa Bragg :
Il y a tellement de choses à analyser et auxquelles réfléchir. Je crois qu’il est très important pour moi de bien respirer, et je sais que vous aidez vraiment les gens à apprendre à respirer plus profondément. Joyce, pouvez-vous nous expliquer ce que signifie respirer profondément et ne pas se contenter d’avoir une respiration courte? Je crois qu’il est très important que nous y réfléchissions et que nous fassions une pause.

Joyce Lum :
Oui. À l’heure actuelle, il est très important d’adopter une approche globale dans notre manière de prendre soin de nous. De nombreuses études ont montré à quel point notre esprit et notre corps sont intrinsèquement liés. Les techniques de respiration peuvent avoir une influence très positive sur notre physiologie – en stimulant une partie de notre système nerveux autonome, qu’on appelle le système nerveux parasympathique – ainsi que sur notre esprit, comme Paulette vient de le mentionner. Et il s’agit vraiment de pouvoir détourner notre attention des pensées négatives qui nous viennent à l’esprit en ce moment.

Chaque technique de relaxation et de méditation apaisante repose sur la respiration pour calmer notre esprit et notre corps. En ce qui concerne la respiration, ce qui est important lorsque vous respirez, c’est de le faire par les narines plutôt que par la bouche. En effet, le fait d’utiliser vos narines réchauffe l’air qui entre et nettoie l’oxygène que votre corps, votre cœur et votre cerveau utilisent. Une autre bonne technique que vous pouvez adopter en matière de respiration est de pratiquer la respiration diaphragmatique. Pour ceux qui ne connaissent pas ce type de respiration, ce que vous pouvez faire, et je vous invite à le faire dès maintenant,

c’est de placer une main sur votre poitrine et l’autre sur votre ventre. Et lorsque vous inspirez… Lorsque vous vous pratiquez la respiration diaphragmatique, au moment de prendre une inspiration, vous cherchez à gonfler votre ventre. Vous prenez donc une inspiration, et en le faisant, vous gonflez votre ventre. Et lorsque vous expirez, vous rentrez votre ventre. La respiration diaphragmatique peut être difficile, surtout si vous avez toujours rentré votre ventre, ce que beaucoup d’entre nous font [rires] depuis de nombreuses années.

Cependant, la respiration diaphragmatique mobilise la partie inférieure de vos poumons et contribue à laisser entrer plus d’oxygène dans votre corps et à libérer plus de dioxyde de carbone lors de l’expiration. Vos mettez ainsi entièrement vos poumons à contribution. J’encourage donc ceux qui ne connaissent pas la respiration diaphragmatique à s’y exercer. Il faut s’exercer, car c’est tout le contraire de ce à quoi nous sommes habitués lorsque nous respirons.

Lisa Bragg :
Devrait-on entendre quelque chose? L’expiration devrait-elle être sonore? Je ne sais pas si nous le ferions nécessairement en public ou juste avant une grande présentation, mais est-ce que ça devrait être le cas, devrions-nous entendre la respiration? Certaines des techniques de respiration que j’ai vues dernièrement consistent à vraiment entendre l’expiration et l’inspiration aussi.

Joyce Lum :
Oui. Et si vous êtes à l’aise de le faire, alors n’hésitez pas. Bien souvent, vous l’avez déjà mentionné, Lisa, beaucoup de gens respirent de façon peu profonde ou respirent en utilisant la poitrine. Ils n’utilisent pas leur diaphragme, c’est-à-dire qu’ils ne respirent pas en gonflant et en rentrant leur ventre. Si cela peut vous aider lorsque vous respirez profondément, faites-le. Certaines personnes font aussi un son lent lorsqu’elles expirent. Vous pouvez tout à fait expirer par la bouche si vous avez l’habitude de le faire.

Toutefois, lorsque vous expirez, faites semblant de respirer à travers une paille. Lorsque vous prenez une grande inspiration, il ne faut pas expirer tout d’un coup très fort et très rapidement. Ce qu’il faut faire, c’est expirer très lentement. C’est pourquoi je vous suggère d’imaginer que vous respirez à travers une paille, cela pourrait vous être utile. Mais assurément, lorsque vous inspirez, faites-le avec votre nez, puis choisissez si vous voulez expirer par la bouche ou le nez.

Lisa Bragg :
D’accord. Faisons-le ensemble. Et je suis certain que si vous écoutez, cela vous semblera bizarre si vous ne le faites pas avec nous. Prenez une grande respiration avec nous, puis nous expirerons tous ensemble à travers une paille. Très bien. Voulez-vous nous guider, Joyce?

Joyce Lum :
Oui. À titre de meilleure pratique, nous pouvons utiliser une technique apaisante. C’est un ratio de 1 pour 2. Nous allons donc inspirer pendant trois secondes, puis expirer pendant six secondes. Si vous le faites plusieurs fois de suite, cela vous aidera à vous calmer. Nous allons donc inspirer pendant trois secondes et expirer pendant six secondes. Inspirez pendant trois secondes et expirez pendant six secondes. Cette technique du ratio de 1 pour 2 – et j’en donnerai une autre peut-être plus tard si nous en avons l’occasion – vous permettra d’activer votre système nerveux parasympathique, qui est la partie de votre système nerveux associée au repos et à la relaxation.

Lisa Bragg :
Vous savez, c’est un petit geste, mais chaque fois que je fais une pause et que je me rappelle de respirer correctement, c’est toujours utile, et je le ressens presque immédiatement. Et je me demande pourquoi nous ne le faisons pas tout le temps. Mais nos vies sont bien remplies, surtout en ce moment. Ce sont d’excellents conseils. Merci. Paulette, abordons maintenant un sujet qui a été difficile pour bon nombre d’entre nous. Nous avons dû licencier certains employés et nous nous sentons terriblement mal de causer du tort à ces personnes extraordinaires pendant cette horrible période. Comment contrôler le sentiment de culpabilité lorsque nous tentons de faire ce qui est le mieux pour le bien commun?

Paulette Jagers :
Oui, je crois que l’une des choses à faire en tout premier lieu est de savoir que vous faites de votre mieux. Si vous avez l’impression de savoir que vous avez fait tout ce qui était possible, je crois que c’est tout ce à quoi les gens peuvent s’attendre pendant cette période. Et l’une des façons de vous en assurer est de savoir s’il y a trois groupes différents dont vous pouvez tirer parti. Premièrement, parlez à des conseillers, qu’il s’agisse du gouvernement ou de votre institution financière, ou d’autres professionnels du secteur d’activité; demandez conseil.

Vous savez, il peut y avoir des programmes, des options ou des considérations que vous ne connaissiez même pas ou dont vous ignoriez l’existence. Informez-vous et vérifiez que vous avez exploité toutes les possibilités qui s’offrent à vous. La deuxième initiative consiste à parler à votre réseau de pairs. De nombreuses entreprises se trouvent dans la même situation. J’ai parlé à quelques femmes avec lesquelles j’ai eu des entretiens très difficiles au sujet du fait qu’elle ont eu à licencier des gens dans leur entreprise et ont dû mettre la clé sous la porte.

Il s’agit d’être là les uns pour les autres pour que les gens sachent qu’ils s’en sortiront et qu’ils se relèveront à nouveau, et que des décisions difficiles comme celles-ci doivent être prises. Mais comment le faire avec compassion et soutien? Je crois donc qu’il est très important d’être là les uns pour les autres et d’échanger les meilleures pratiques ou les approches que chacun d’entre nous a utilisées au cours de sa vie ou que les propriétaires d’entreprise utilisent actuellement les uns avec les autres – c’est aussi un soutien émotionnel.

Enfin, sollicitez l’avis de vos employés. Ils pourraient avoir des idées ou des suggestions. J’ai entendu parler d’entreprises qui ont demandé à leurs employés s’ils souhaitaient travailler sur un horaire hebdomadaire consolidé ou raccourci, parce qu’ils s’occupent en ce moment de leurs enfants ou de personnes âgées à la maison. Cela représenterait un grand avantage pour eux de ne pas subir la pression supplémentaire d’avoir à travailler.

Ce peut-être pour une période pendant laquelle ils s’absentent, et ils peuvent revenir à la fin de cette pause. Vous ne connaissez pas les options à votre disposition tant que vous n’avez pas de conversations franches permettant de savoir comment tout le monde peut unir ses efforts et apporter du soutien. Dans certains cas, il est possible qu’il n’y ait pas de solution. Et si l’entreprise doit fermer ses portes, comment pouvons-nous aider les employés pour ce qui est des références ou, pendant la transition, de l’indemnité de départ ou des soins de santé? Quels types de mesures pouvons-nous prendre pour soutenir au mieux la transition des employés?

Si nos activités reprennent ou que nous trouvons de nouveaux modèles d’affaires ou de nouvelles occasions, nous communiquerons avec ces personnes et nous les maintiendrons dans la file d’attente, car cette situation ne durera pas éternellement. Tout le monde sera en mesure de réinventer ses activités, certaines entreprises prospéreront et d’autres auront des difficultés. Mais je crois qu’en tirant parti de ces trois occasions, c’est-à-dire des conseillers d’affaires, de votre réseau de pairs et de vos propres employés, vous pourriez obtenir beaucoup plus de résultats qu’en essayant de tout faire vous-même, en vous sentant coupable et en assumant toutes les responsabilités vous-même.

Lisa Bragg :
Paulette, beaucoup de gens se tournent vers vous pour trouver une oreille attentive. Comment faites-vous pour tout absorber et aider les gens? Comment le faites-vous pour vous-même?

Paulette Jagers :
Je pense que j’essaie toujours de faire le point pour voir où j’en suis. J’essaie de savoir par moi-même ce que je ressens, pour être en mesure de composer avec cela. Je vais vous donner un exemple personnel. Un matin, je me sentais en colère quand je me suis réveillée, purement et simplement en colère. Je ne savais pas d’où ça venait et j’ai dû réfléchir pour comprendre ce qui se passait. J’étais en colère pour bien des choses. J’étais en colère, parce que je ne pouvais pas voir mes enfants qui sont de l’autre côté de la frontière, aux États-Unis.

Et je sentais un manque de contrôle à cet égard. J’étais fâchée de ne pas pouvoir aller au travail et voir mes collègues, de ne pas avoir ces relations avec eux et faire le travail emballant que nous accomplissions à ce moment-là et qui devait être mis en pause. J’éprouvais du chagrin, de la colère et toutes sortes de choses. J’ai donc tout mis par écrit. J’ai vraiment pris en considération ces sentiments, puis j’en ai fait part à un partenaire. Il m’a beaucoup aidé, car il a reconnu que j’avais le droit de ressentir ces choses.

J’ai ensuite déchiré la feuille de papier et je me suis dit : « D’accord, c’est bien de savoir où j’en suis. Maintenant, que vais-je faire pour aller de l’avant et comment vais-je réussir à m’élever dans la façon dont je dois fonctionner et être là pour les gens qui ont besoin de moi? Je suis donc reconnaissante de ce qui suit. » J’ai ensuite énuméré toutes les choses pour lesquelles j’étais reconnaissante. Mes enfants sont en santé, ils ont un toit sur la tête. J’ai moi-même de l’air dans mes poumons, je peux respirer et vivre une autre journée.

Ensuite, j’ai réfléchi à ce que je pourrais faire pour être utile aux autres et être là pour eux pendant cette période. Il s’agit donc de trouver de petites façons de prendre acte de vos sentiments et de ne pas les ignorer, de les examiner, puis de les remplacer par quelque chose qui pourrait être plus productif ou positif et qui vous aide à continuer. Nous ne voulons pas que quiconque pense qu’il va se sentir bien tous les jours pendant cette pandémie.

Non. Il y a des jours où vous allez vous sentir vraiment mal, certains jours peut-être plus que d’autres. Il est donc très important de le reconnaître, mais de ne pas rester pris avec ces sentiments qui vous retiennent ou vous paralysent.

Lisa Bragg :
Et j’entends de plus en plus parler de l’idée que nous devons aller vers la rapidité et non vers la perfection en cette époque, ce qui est difficile pour certains d’entre nous. Nous ne voulons pas aller vite. Nous voulons avoir des objectifs intelligents, mais nous devons avoir des objectifs rapides en ce moment. Dites-moi comment nous pouvons accepter le fait de ne faire qu’une ébauche. Surtout pour ceux d’entre nous qui veulent que les choses soient faites d’une certaine façon, alors que ce n’est pas possible pour le moment. Nous devons nous contenter d’une ébauche.

Paulette Jagers :
Oui. D’après ce que je vois en ce moment, toutes sortes d’innovations et de créativité ressortent de ce processus. Les gens repensent leurs modèles d’affaires en examinant les obstacles artificiels qui existaient au sein d’organisations sans qu’on s’en rende même compte. Nous faisons maintenant des choses, parfois en quelques heures, qui nous auraient pris des semaines ou des mois. Dans certains cas, nous apportons des changements qui nous auraient pris des années par le passé; nous accélérons vraiment notre capacité à produire des résultats de façons nouvelles et différentes.

Il y a donc quelque chose de positif qui ressort de tout cela; nous avons de nouvelles façons de travailler avec la technologie, nous découvrons ce qui compte vraiment, ce qui est important et ce sur quoi nous devons nous concentrer. Les gens évoluent à un rythme beaucoup plus rapide et ne sont pas aussi préoccupés par certains des obstacles artificiels, des protocoles ou d’autres choses que nous avions dans le système, qui étaient peut-être des façons plus traditionnelles de travailler.

Et il pourrait être douloureux d’avoir à abandonner l’ancienne façon de faire les choses. Toutefois, en adoptant de nouvelles méthodes, des choses intéressantes se produisent; nous collaborons au-delà des limites. Les gens s’affirment et s’entraident. Comme je l’ai mentionné plus tôt, les gens apprennent à se connaître beaucoup plus personnellement les uns les autres, ce qui renforce les liens.

On peut aussi mentionner la façon dont la méthodologie agile et le numérique nous aident à transformer les modèles d’affaires, alors que nous n’y aurions peut-être pas pensé; les choses se faisaient plutôt sous forme de rencontres en personne traditionnelles ou d’événements, ou d’autres moyens qui nous auraient peut-être empêchés de prendre de l’expansion et de trouver de nouveaux marchés ou de nouveaux segments.

Lisa Bragg :
Vous nous avez toutes les deux donné d’excellents conseils pratiques que nous pouvons réellement utiliser aujourd’hui. Pouvez-vous chacune nous donner un autre outil de résilience ou de réflexion que nous pouvons ajouter à notre trousse sur le bien-être? Avez-vous autre chose à nous indiquer?

Joyce Lum :
En fait, j’en ai deux, si vous me le permettez.

Lisa Bragg :
Oui, s’il vous plaît.

Joyce Lum :
Tout d’abord, je sais que Paulette en a parlé au début, je voudrais mentionner le sommeil. Si j’en parle et que j’insiste sur ce point, c’est parce que bon nombre d’entre nous courent actuellement le risque de brûler la chandelle par les deux bouts, simplement en raison de tous les différents aspects de notre vie et des rôles que nous jouons. Des études ont montré qu’une nuit de sept heures donne à notre corps et à notre esprit le temps de se ressourcer.

En fait, c’est pendant le sommeil que les toxines et les déchets du corps et du cerveau sont éliminés, ce qui contribue aussi à préserver notre mémoire. Ce qui est vraiment formidable au sujet de notre corps, c’est qu’il a besoin de sommeil, tout comme il a besoin de nourriture. Tout au long de la journée, notre désir de dormir s’accentue. Et lorsqu’il atteint un certain point, nous devons dormir.

Ce dont j’aime faire part aux gens est la principale différence entre le sommeil et la faim : votre corps ne peut pas vous forcer à manger lorsque vous avez faim, mais lorsque vous êtes fatigué, vous vous endormissez. Combien de fois nous sommes-nous assoupis dans une réunion, ou même, dans certains cas, au volant de notre voiture? C’est la façon dont votre corps vous force à dormir. Ainsi, si vous avez l’intention délibérée d’établir une routine qui vous permet d’obtenir cette quantité de sommeil, vous en bénéficierez énormément à l’avenir, car cela préservera votre système immunitaire – ce qui est vraiment important pour nous en ce moment avec la COVID-19.

Les risques pour la santé diminueront et votre capacité à prendre des décisions sera rehaussée. Il est très important de bien dormir. Je tenais vraiment à insister sur ce point pour nous tous. Ensuite, la deuxième chose à laquelle songer est de faire preuve de compassion envers soi-même. Un signe indéniable de bonne santé mentale est la capacité à faire preuve de compassion envers soi-même lorsque les temps sont difficiles, comme c’est le cas en ce moment. Il s’agit d’aborder toutes vos erreurs d’une manière très douce et rationnelle sans avoir recours à des extrêmes de positivité ou de négativité.

L’auto-compassion signifie qu’en période de douleur ou de souffrance, on se traite comme on traiterait un bon ami, avec empathie et sans jugement. Ce qui est ironique, c’est que la plupart d’entre nous réussissent vraiment à faire preuve de compassion envers les autres, mais ont tendance à être incapables de le faire envers eux-mêmes. Et lorsque nous sommes contrariés ou que nous avons peur, nous nous accusons d’être faibles, et nous ignorons notre douleur comme si elle était ridicule ou insignifiante.

J’ai donc l’impression que si nous pouvons nous exercer à faire preuve de plus d’auto-compassion, cela nous sera utile à long terme et nous aidera à trouver des moyens de surmonter les épreuves. Pour résumer, je dirais que l’auto-compassion signifie reconnaître que ce n’est pas parce que vous vous sentez mal que vous ne valez rien.

Lisa Bragg :
Paulette, aimeriez-vous ajouter quelque chose?

Paulette Jagers :
Oui. Je suis en train de lire un livre intitulé The 5-Minute Recharge, qui présente 31 stratégies qui ne prennent que cinq minutes par jour, mais qui sont excellentes. C’est un livre de Lynne Everatt et Addie Greco-Sanchez. L’autre jour, j’en ai lu une qui m’a paru assez percutante et qui portait sur la façon de se concentrer sur un domaine, qu’il s’agisse de sa carrière, de ses relations ou de sa forme physique, et de se donner un délai – que ce soit dans trois mois, six mois ou même un an. Il faut imaginer le meilleur scénario possible, où tout pourrait aller au mieux.

Ensuite, imaginez les détails, dans l’avenir, de ce que tous ces efforts acharnés permettraient de faire pour atteindre cet objectif qui est très important pour vous. Puis songez à réaliser votre plein potentiel, à franchir des étapes importantes et à vivre tout ce qui est très positif et réalisable au cours de cette période, afin de commencer à réfléchir sérieusement à ce qu’il faudrait faire pour y arriver.

Vous pourriez faire cet exercice pendant 5 à 20 minutes et imaginer la vie que vous voulez mener à l’égard de ce domaine précis. Une fois que vous avez détaillé l’objectif, vous le mettez sur papier, puis vous commencez à travailler en ce sens, au cours de la période – que ce soit trois ou six mois. Vous commencez tout simplement à déterminer ce que vous pouvez faire pour atteindre cet objectif. Je crois que c’est très important, parce que chaque pensée positive que nous pouvons avoir en ce moment, et le fait de nous donner un objectif à atteindre pendant cette période, c’est mettre notre énergie à profit.

Lisa Bragg :
Mettre notre énergie à profit, c’est en quelque sorte ce à quoi je pensais. Il y a tant de gens qui visionnent de nombreuses séries en rafale – ils en ont peut-être besoin en ce moment –, mais on dit que tout est dans la modération. Quelqu’un disait sur l’un des réseaux sociaux : « Netflix, c’est fait. » C’est drôle et je le comprends. Beaucoup de gens ont du temps devant eux, mais il faut peut-être faire preuve de modération. 

Paulette Jagers :
Oui, je suis d’accord. Vous savez, c’est drôle, le vendredi, mon partenaire et moi passons à un autre type de routine appelée « les vendredis bien-être ». Après une semaine longue et difficile, surtout avec ce que tout le monde vit en ce moment, nous avons besoin de retrouver de l’enthousiasme. Nous sommes donc très attentifs à ce que nous regardons. Il peut s’agir d’une comédie, d’un documentaire qui réchauffe le cœur ou d’une histoire vraie.

Je crois que tout est une question d’équilibre. C’est bien d’avoir la possibilité de s’échapper, mais vous devez aussi être attentif à ce dont vous vous nourrissez pendant ces moments, dans votre environnement également. Essayez donc de trouver les éléments qui vous mettent du baume au cœur et ne le faites pas de manière excessive, mais d’une manière qui vous aide à retrouver un certain équilibre. Trouvez aussi des façons de bouger, cuisinez avec votre famille ou méditez.

Faites des activités que vous aimez : aller à l’extérieur, prendre un peu d’air frais et marcher d’un pas rapide. Je pense qu’il n’y a aucun problème à regarder Netflix, mais je crois qu’il est aussi important de réfléchir à la quantité et à la nature de ce que vous regardez.

Lisa Bragg :
Oui. Il ne faut pas trop s’enfermer dans un genre en particulier, surtout en ce moment. Nous avons déjà parlé au début du fait de courir un marathon, et que cela se terminera. Et je sais que vous nous avez donné quelques conseils, mais avez-vous d’autres idées auxquelles nous pouvons penser pour en ressortir plus forts? En sachant que nous devons prendre soin de nous-mêmes, que nous devons faire preuve de compassion et que nous devons prendre soin des autres en cette période. Y a-t-il autre chose à laquelle nous pouvons penser afin de ne pas repartir à zéro dans les prochains mois, lorsque nous retournerons dans le nouveau monde, quel qu’il soit?

Paulette Jagers :
Oui. J’ai dit à mon équipe qu’il s’agit d’une excellente occasion pour nous d’examiner nos stratégies et de nous assurer qu’elles sont toujours pertinentes. Réfléchissons vraiment au contexte actuel et au nouveau monde en fonction de notre vision, des changements de cap que nous devons effectuer à l’égard de tout ce que nous croyons nécessaire de laisser derrière nous maintenant, et de ce que nous devons faire de nouveau ou de différent en fonction de la situation actuelle. Nous cherchons également à déterminer s’il y a des inefficacités ou des éléments que nous pourrions réorganiser.

C’est le moment idéal pour tirer parti de certaines de ces choses que vous voulez toujours faire, mais n’avez jamais la possibilité de faire. C’est une excellente occasion de s’atteler à certains de ces projets, de tirer parti du temps dont vous disposez pour réinventer ou repenser ces processus, ces procédures et l’automatisation au moyen de la technologie. Et puis, comme Joyce l’a dit, il y a le renouvellement des compétences; c’est une excellente occasion pour nous de nous assurer que nous avons les compétences numériques nécessaires pour être qualifiés dans l’avenir. Et il y a la résilience, l’agilité et tous les types de compétences essentielles dont nous avons besoin dans un monde dans lequel nous devons maintenant fonctionner à un rythme effréné de manière novatrice et créative. Nous devons donc nous assurer que nos employés ont les compétences qu’il faut pendant cette période et en tirer parti. 

Lisa Bragg :
La science nous dit de plus en plus que nous pouvons nous adapter à de nouvelles choses et à de nouvelles façons de faire. Et je sais que l’état d’esprit figé et l’état d’esprit de croissance pourraient constituer un sujet de balado à part entière. Toutefois, pouvez-vous nous dire comment nous pouvons davantage adopter un état d’esprit de croissance, Joyce?

Joyce Lum :
Oui. Vous avez raison. C’est un sujet très important, surtout dans le contexte actuel. La comparaison entre l’état d’esprit figé et l’état d’esprit de croissance a d’abord été étudiée par une psychologue du nom de Carol Dweck. Pour les auditeurs qui veulent en savoir plus à ce sujet, elle a écrit un livre intitulé Mindset. Essentiellement, un état d’esprit de croissance repose sur la conviction que les gens peuvent s’améliorer grâce à leur détermination, à leur travail acharné et à leurs efforts. Les personnes qui ont cet état d’esprit pensent que le talent et l’intelligence ne suffisent pas.

Tout le monde a la capacité de s’améliorer s’il s’engage à apprendre et à progresser. Cependant, certaines personnes ont davantage un état d’esprit figé à l’égard de certaines choses, et elles croient que l’intelligence et le talent sont des caractéristiques fixes. Et malgré tous les efforts que les personnes déploient, elles ne réussissent qu’à la hauteur de l’intelligence et du talent avec lesquels elles sont nées. Lorsque nous parlons d’état d’esprit de croissance, il est très important de porter attention au bavardage mental qui a lieu dans notre esprit.

Par exemple, si vous vous entendez dire : « Je rate tout », faites de votre mieux pour ne pas associer ce type d’étiquette à votre identité. Évitez de dire : « Je suis triste, je suis en colère. » Dites plutôt : « Je ressens de la tristesse, je ressens de la colère et je ressens de la gratitude. » Si je reviens à l’exemple « Je rate tout », plutôt que de dire « Je rate tout », une personne ayant un état d’esprit de croissance reformulerait les choses et dirait : « J’ai l’impression d’avoir fait de mon mieux avec ce que j’avais à ma disposition. La prochaine fois, j’élaborerai un plan plus solide en cas d’urgence. »

Vous pouvez donc voir la différence entre ce qu’une personne qui a un état d’esprit figé se dirait par rapport à quelqu’un qui considère une erreur, un défi ou une difficulté sous l’angle de l’apprentissage. Cette personne a donc une façon de redéfinir l’expérience qu’elle vit. Une autre façon d’adopter un état d’esprit de croissance est d’utiliser le mot « encore ». Par exemple, « Je ne sais pas encore comment réaliser un site Web en partant de zéro. »

« Je ne sais pas encore comment penser de façon créative. » Parce que de nos jours, comme Paulette l’a mentionné, on nous demande d’examiner les choses d’un point de vue différent. Ce qui pourrait empêcher les gens de faire cela, c’est qu’ils pourraient ne pas se sentir assez créatifs, mais le fait d’ajouter le mot « encore » implique qu’on ne sait peut-être pas comment faire preuve de créativité en ce moment, mais qu’on est prêt à faire l’effort d’apprendre comment le faire. Ainsi, porter attention aux mots que vous utilisez peut vous aider à passer d’un état d’esprit figé à un état d’esprit de croissance pendant cette période.

Lisa Bragg :
C’est ce qui conclut cet épisode d’Audacieu(se), qui vous a été présenté par BMOpourElles. Nos invitées d’aujourd’hui étaient Paulette Jagers, chef de l’inclusion, et Joyce Lum, directrice principale, de BMO Groupe financier. Ici Lisa Bragg. Si vous avez aimé cet épisode, veuillez vous abonner, partager l’épisode et l’évaluer. Merci à l’équipe de production de MediaFace, y compris à notre productrice, Sarah Senior. Merci d’avoir été à l’écoute. Prenez soin de vous.

 

À propos du balado :
Présenté par BMOpourElles et animé par la journaliste et entrepreneure primée Lisa Bragg, Audacieu(se) propose des entretiens qui suscitent la réflexion et qui incitent les auditeurs à prendre des décisions audacieuses, dans la vie comme en affaires.

 

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