Dre Maribel Lopez sera la première à vous dire qu’elle tire sa force de ses différences. Elle inspire ses étudiants, ainsi que ses consœurs d’origine latine partout aux États-Unis, à réaliser leurs rêves tout en restant fidèles à eux-mêmes – et non en dépit d’eux. Dans leur conversation inspirante, la Dre Lopez explique à Lisa comment tirer le maximum de ce dont la nature vous a doté, ce qu’établir les priorités signifie vraiment pour les mamans occupées, et l’importance de raconter son histoire – ne serait-ce que pour faire savoir aux autres qu’ils ne sont pas seuls.

 

Maribel Lopez :
… le désir de réaliser ce que je dois accomplir est plus fort que la peur, plus fort que l’envie de demeurer dans mon petit cocon et de ne parler à personne. Je crois que lorsqu’on veut quelque chose, on doit se battre pour l’obtenir, se battre pour réaliser ses rêves. Personne d’autre ne le fera pour vous.

Lisa Bragg :
Dre Maribel Lopez s’est battue pour réaliser son rêve d’obtenir un doctorat. Sa mission est maintenant d’inspirer les autres et de promouvoir le développement économique et indépendant des communautés latines par l’éducation et l’activisme. Je m’appelle Lisa Bragg et voici Audacieu(se), un balado relatant des histoires de femmes qui se distinguent, destiné à leurs semblables. Cet épisode vous est présenté par BMOpourElles. Maribel, vous êtes une universitaire, une entrepreneure, une philanthrope, une mère, une grand-mère, et bien plus encore. De l’extérieur, avec toutes vos réalisations, on pourrait croire que vous avez mené une vie charmante, mais votre enfance a été remplie d’épreuves que vous avez dû travailler fort pour surmonter. Pouvez-vous me parler un peu de vos expériences de jeunesse?

Maribel Lopez :
J’ai eu une enfance vraiment très difficile, une enfance vraiment traumatisante, si je puis dire. Enfant de parents divorcés, j’ai vécu dans la pauvreté, la négativité, la violence familiale, l’alcoolisme et la toxicomanie. Ce n’était tout simplement pas un environnement très bon et sain pour un enfant. Et pour couronner le tout, je suis une survivante. À cette époque, mon oncle m’agressait sexuellement et me violait. En grandissant, j’étais très instable, triste, et parfois en colère. À l’adolescence, j’avais tout simplement perdu le goût de vivre. Je ne voulais tout simplement pas être là.

Lisa Bragg :
C’est un passé lourd à porter. Depuis ce temps, vous poursuivez votre parcours de guérison, ce qui vous a aidée à vous rendre jusqu’ici, aujourd’hui, pour nous parler. Tenir un journal et écrire ont joué un rôle important dans ce parcours. Pouvez-vous m’en dire davantage? Quand avez-vous commencé?

Maribel Lopez :
Je devais avoir entre 14 et 15 ans. Je crois que c’est Oprah qui m’en a donné l’idée. C’était au début de son émission. Parce que je m’assois et que j’y réfléchis beaucoup, je n’ai pas beaucoup de souvenirs d’enfance, pour des raisons évidentes. Et j’appelle ça une « protection de mon être ». [rires] Mais je me souviens d’avoir vu cela et qu’Oprah était vraiment présente dans ma vie à cette époque. Je dois en avoir entendu parler à son émission parce qu’elle-même tenait un journal. Je me souviens qu’elle a mentionné, dans l’une de ses émissions, que son oncle l’avait agressée sexuellement. En fait, c’est à ce moment que j’ai vraiment réalisé qu’il m’était arrivé quelque chose de très mal. Jusque-là, je pensais faire ce que j’étais censée faire, en gros.

Maribel Lopez :
C’était écrire. Simplement écrire ses réflexions et ses rêves. Et c’est là-dessus que j’insiste aujourd’hui, auprès de mes étudiants, auprès des personnes à qui j’offre des formations. J’anime beaucoup de formations sur la petite enfance aux fournisseurs de services de garde. Et j’insiste : écrivez, écrivez-le, écrivez vos pensées, écrivez ce que vous souhaitez. Demain, dans trois jours, vous relirez ce que vous avez écrit et découvrirez peut-être que ce n’est plus ce que vous voulez, que vous préférez autre chose. Ou vous pouvez donner un sens à vos écrits.

Maribel Lopez :
J’aime aussi lire. J’ai donc lu des livres sur l’écriture comme forme de guérison. J’ai publié un journal. J’ai créé un journal appelé Eternally Grateful. Je veux faire connaître ceux qui m’ont aidée à guérir, dans ma vie, et dire à quel point les mots et l’écriture sont puissants. C’est ce que j’ai fait. J’ai dressé une liste de 10 choses que je voulais accomplir dans ma vie. C’étaient mes rêves. Croyez-le ou non, mon doctorat était au premier rang. De 1 à 10, j’ai accompli ça. Une des choses que j’ai écrites – quand je me suis vraiment sentie capable, que j’ai réellement cru être capable de le faire et c’était très important pour moi – c’était d’acheter un nouveau réfrigérateur. Neuf. Pas d’occasion ni donné. Je n’avais rien contre cela, mais ce n’était tout simplement pas ce que je voulais. Je voulais acheter un réfrigérateur et le remplir de nourriture, parce que je me rappelais que, enfant, c’était l’une des choses qui nous manquaient. Pour moi, c’était énorme. C’est ce que j’ai fait. Une chose aussi simple qu’un réfrigérateur.

Maribel Lopez :
Mon école de rêve, l’université que je souhaitais fréquenter, n’était ni Stanford, ni UCLA, ni aucune de ces écoles d’élite. Cela dit, ce sont d’excellents établissements, mais je voulais aller à l’UIC, l’Université de l’Illinois, à Chicago, parce que je passais tout le temps devant en voiture. Pour moi, c’était un rêve, je rêvais d’aller à l’Université de Chicago. Et quand j’ai franchi ces portes… J’ai des photos. Nous faisons un balado, mais si c’était une vidéo, vous verriez les photos : j’étais folle de joie et ravie d’être là. Et d’avoir réalisé ce rêve.

Lisa Bragg :
C’est incroyable, car il faut vraiment le voir pour que ça se réalise.

Maribel Lopez :
Absolument, certainement. Cela me rappelle qu’on peut accomplir des choses quand on s’en fixe l’objectif, quand on s’y tient. Je crois qu’il faut avoir une attitude et un esprit positifs. Dans nos cultures espagnoles, dans ma propre culture portoricaine, ma grand-mère avait l’habitude de dire – je vais le dire en espagnol, puis j’essaierai de traduire : « Todo en la vida tiene solución, pero no la muerte. » Il y a une solution à tout dans la vie, sauf à la mort. Cela signifie qu’une fois parti, on est parti. Mieux vaut donc faire ce que vous voulez faire maintenant, parce qu’une fois parti, il est trop tard, et il y a une solution à tout. C’est ma façon de vivre. Je suis une personne axée sur les solutions. Certains le voient comme quelque chose de négatif, mais pas moi. Pour moi, cela a fonctionné. Ça fonctionne pour moi. Et quand je me concentre sur ce dont j’ai besoin, en fait, c’est l’une des citations que mes étudiants reprennent : concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire, et non sur ce que vous ne pouvez pas faire. C’est ainsi que je vis ma vie.

Lisa Bragg :
En quoi cet état d’esprit axé sur les solutions vous a-t-il aidée tout au long de votre parcours?

Maribel Lopez :
Je vais vous donner un exemple. Dans les statistiques d’aujourd’hui, je ne fais pas partie des deux pour cent d’Américains – des États-Unis d’Amérique – les plus riches. Non. J’étais une mère adolescente. À 23 ou 25 ans je crois, j’avais déjà quatre enfants. J’ai donc dû aller à l’école et apprendre à me débrouiller dans le système universitaire, à chercher ce que je voulais et à poser des questions. Je devais me concentrer sur la façon de me rendre là où je devais aller. Je ne pouvais pas me concentrer sur l’argent parce que si je m’étais concentrée là-dessus, je me serais retrouvée sans argent. Je ne serais pas allée à l’école. Je n’aurais pas atteint mes objectifs d’études supérieures. Alors je ne me suis pas concentrée sur l’argent. J’ai mis l’accent sur ce que je devais faire pour me rapprocher de mon objectif.

Maribel Lopez :
Je devais donc me concentrer sur ce que je pouvais faire, et non sur ce qui n’était pas devant moi. En plus, j’adore l’école, j’aime apprendre et j’adore cet environnement. Mais ce n’était pas facile, loin de là. J’avais tous les tuteurs auxquels vous pouvez penser. J’ai profité de tous les programmes offerts par l’école. Je le dis constamment à mes étudiants. Participez aux différents clubs et programmes de l’école. Demandez des bourses d’études, des subventions, tout ce qui existe. Cela vous aidera à long terme. Vous ne le voyez pas aujourd’hui, mais vous le verrez demain. Et c’est assurément ce que j’ai décidé de faire. J’ai simplement suivi mes rêves. Je ne regardais pas ce que je n’avais pas. Je voyais ce que je pourrais avoir.

Lisa Bragg :
Parce que cela ne se fait pas nécessairement en un jour. On plante les graines aujourd’hui pour le long terme. Comment aidez-vous vos étudiants et les personnes à qui vous offrez du mentorat à être des personnes axées sur les solutions dans une société où la gratification est si instantanée?

Maribel Lopez :
Oui, c’est vraiment difficile. Vous avez tout à fait raison. Ils veulent tout avoir, tout de suite, sans devoir faire les efforts pour y arriver… Et je ne veux pas généraliser, ce n’est pas tout le monde. Cependant, c’est très difficile de comprendre cela aujourd’hui, alors que dans la société d’aujourd’hui, on peut faire du gruau en une minute, n’est-ce pas? Du gruau instantané. Je partage donc mon histoire. J’essaie vraiment de faire comprendre aux étudiants et aux gens que je rencontre à quel point il est important de rester connecté. Vous devez évaluer vos options. Vous devez regarder autour de vous, lire, rester concentré. Que souhaitez-vous accomplir, vous, personnellement?

Maribel Lopez :
Quand vous l’avez déterminé, une fois que vous le savez, par exemple, dans mon cas, je voulais obtenir mon doctorat. J’ai donc fait mes recherches, j’ai commencé à poser des questions et à rencontrer des personnes qui l’avaient fait avant moi. Et j’ai commencé à poser des questions qui, pour être honnête, Lisa, pouvaient sembler sans importance, mais que j’avais besoin d’entendre. Je devais savoir. Dites-moi ce que les manuels ou les gens ne disent pas.

Maribel Lopez :
Je crois que c’est ainsi qu’il faut procéder avec les étudiants ou avec les gens qui essaient d’atteindre un objectif ou un rêve : leur montrer qu’ils doivent cheminer avec la peur. Rappelez-vous, ce n’est pas comme si vous n’aviez pas peur. J’ai peur aussi. J’ai peur de parler en public. Je transpire en ce moment même pendant que je vous parle. C’est difficile, mais je chemine avec la peur, car le désir de réaliser ce que je dois accomplir est plus fort que la peur, plus fort que l’envie de demeurer dans mon petit cocon et de ne parler à personne.

Maribel Lopez :
Je crois que lorsqu’on veut quelque chose, on doit se battre pour l’obtenir. C’est une autre citation que reprennent mes étudiants : Luttez pour vos rêves. Personne d’autre ne le fera pour vous. Et vous devez vous battre pour eux. Vous devez laisser de côté tout ce qui peut vous distraire. Parfois, vous devez vous battre pour vous-même, pour vous lever et faire les choses dont vous n’avez pas envie et parfois même vous battre contre le temps. Vous n’avez qu’un nombre d’heures limité dans la journée pour faire ce que vous avez à faire. Alors devinez quoi? Il faut gérer son temps. Que faites-vous à 20 heures, à 21 heures ou à 22 heures? Avez-vous pris un peu de temps pour simplement vous asseoir et être avec vous-même, être présent? Avez-vous dîner et déjeuner? Avez-vous déjeuné, dîné et soupé?

Maribel Lopez :
Si non, si vous n’avez pas déjeuné, dîné et soupé, avez-vous pris une pause? Parce que tout le monde est différent. Avez-vous pris une minute pour écouter ce que votre corps vous dit en ce moment? Il est fatigué aujourd’hui. Ne vous éparpillez pas. Ce sont tous des facteurs différents qui vous aident à planifier, à faire ressortir et à déterminer étape par étape ce que vous devez faire pour réaliser vos rêves et atteindre vos objectifs. Ils sont réalisables. Je n’ai aucun doute dans mon esprit, mais quel est votre rôle dans le processus? Entre-temps, que faites-vous pour atteindre vos objectifs?

Lisa Bragg :
Vous avez eu une carrière diversifiée. Vous avez fait tellement de choses différentes. Peut-être pourriez-vous nous parler un peu de ce que vous avez fait d’autre? Parce que vous êtes aussi une entrepreneure depuis un certain temps. Dites-nous-en plus.

Maribel Lopez :
J’en suis une, en effet. Je travaillais pour une station de radio lorsqu’elle a été vendue, puis a fermé. J’ai simplement décidé de ne pas y rester. Ma mère m’a dit : « Ouvre donc ta propre garderie. » Je lui ai répondu : « Maman, j’ai déjà quatre enfants. Je n’ai pas envie de prendre soin des bébés des autres. » Et elle me disait : « Il ne s’agit pas de gardiennage, mais d’avoir ta propre entreprise. Et tu pourras étudier. » Ding, ding, ding! Vous vous en souvenez? J’adore l’école. J’ai donc dit : « Je pourrai étudier. Oui. » C’est donc ce que j’ai fait. J’ai participé à ce projet pilote ou à ce programme mené par un organisme communautaire dans la région de Logan Square, à Chicago. Ils ont fait un sondage pour savoir quels étaient les besoins dans la région. Et voilà, la garde d’enfants arrivait en tête de liste. Ils avaient reçu des fonds pour commencer à former des membres de la collectivité qui voulaient ouvrir leur propre garderie et obtenir un permis de garde d’enfants.

Maribel Lopez :
J’ai donc fait une demande, et l’ai obtenu. J’ai été l’une des premières à obtenir mon permis, à ouvrir ma garderie et à rédiger mon plan d’affaires. Même que les écoles de commerce de la région ont décidé d’utiliser mon plan d’affaires comme modèle pour les autres étudiants de leurs programmes. J’ai eu mon service de garde pendant 14 ans. Et je serai éternellement reconnaissante de cette occasion, car le fait d’avoir eu ma propre garderie m’a permis d’embaucher des personnes pour m’aider à l’administrer. Il était donc plus facile pour moi d’aller à l’école. Il est donc inestimable d’avoir du soutien et des mentors dans sa vie.

Lisa Bragg :
Et quand l’avez-vous fermé?

Maribel Lopez :
Quand j’ai obtenu ma maîtrise et que j’ai commencé à faire des recherches pour le programme de doctorat auquel j’allais participer, je savais que ce dernier nécessiterait toute mon attention. C’est là que j’ai fermé mon service de garde. Et je suis heureuse, car cela m’a permis d’élever mes enfants. Ma mère et moi avons cofondé un organisme sans but lucratif qui existe encore aujourd’hui. De plus, nous offrons mensuellement aux femmes d’origine latine la formation continue en éducation de la petite enfance exigée pour conserver leur permis. Et donc, oui, 20 ans plus tard, voilà où nous en sommes.

Lisa Bragg :
Votre histoire et votre situation sont assez uniques. Vous n’aviez aucun modèle. Lorsque vous étudiiez, étiez-vous la seule mère de quatre enfants qui venait de Porto Rico ou y avait-il beaucoup de gens autour de vous auxquels vous pouviez vous identifier?

Maribel Lopez :
Croyez-le ou non, mon histoire n’est pas si unique, Lisa. Quand je prends la parole dans des conférences pour les femmes ou dans des églises ou organisations et que je raconte mon histoire, parfois, des femmes viennent me voir et me disent : « Vous me racontez mon histoire. » Et c’est ce qui me choque vraiment, parce que nous croyons que mon histoire est si unique, n’est-ce pas? Et je suis comme vous, c’est ce que je croyais. Et c’est pourquoi je me cachais. J’avais honte de sortir et de raconter mon histoire. J’avais honte – une honte qui, de toute évidence, ne m’appartenait pas – parce que rien de ce qui m’était arrivé n’était de ma faute. Je n’étais qu’une enfant, née dans ces circonstances.

Maribel Lopez :
Chaque fois que vous pensez être seul dans une situation, à vivre quelque chose, regardez autour de vous. Voilà pourquoi je n’ai pas peur, Lisa. Cela m’a pris beaucoup de temps. Il m’a fallu beaucoup de temps pour vous parler comme je le fais aujourd’hui sans… je ne peux pas vraiment dire sans avoir les larmes aux yeux. Je les ai, au fond de la gorge. C’est difficile à faire, mais chaque fois que je le fais, Lisa, je me rappelle que c’est nécessaire. Je crois que de plus en plus de femmes ont besoin de me l’entendre dire.

Maribel Lopez :
L’un de mes objectifs personnels est de raconter mon histoire afin que ceux qui le désirent en apprennent plus sur la façon dont j’y suis parvenue pour pouvoir le faire aussi et réaliser leurs rêves. Il ne s’agit pas d’une approche universelle voulant que : « Si elle l’a fait, je peux le faire », parce que chacun se situe à une étape différente de son parcours. Je ne juge personne. Si le fait de raconter mon histoire permet de donner le pouvoir à quelqu’un ou l’aide à passer au niveau supérieur, peu importe où il se trouve dans son parcours de vie, qu’il en soit ainsi. C’est pour cela que je le fais.

Lisa Bragg :
Plus tôt, vous avez parlé d’être soi-même. C’est le principal conseil que vous avez donné. Pourriez-vous nous en parler davantage? Comment aidez-vous les jeunes femmes, en particulier les jeunes femmes d’origine latine, à être elles-mêmes?

Maribel Lopez :
Oui. C’est l’une des choses que je répète constamment à mes étudiants. Quand on se permet d’être soi-même et de marcher dans cette arène qu’est sa vie, cela donne du pouvoir. Quand je faisais mes recherches, Lisa, quand ma collègue et moi avons fait les recherches, nous avons présenté les conclusion sous forme de pièce de théâtre. Nous avons donc suivi des cours d’écriture dramatique et écrit une pièce avec les transcriptions des recherches. Nous l’avons ensuite mise en scène avec 36 acteurs et techniciens. C’était incroyable. Je suis très reconnaissante pour cette expérience.

Maribel Lopez :
Et quand nous transmettions les documents, la transcription de la pièce, les hommes, en particulier, nous disaient  : « Wow, c’est vraiment dur. C’est difficile à mettre en scène. » Oui, et? Vous savez quoi? C’est difficile à voir et à entendre pour vous, mais ces femmes, elles, l’ont vécu. Elles ont subi des abus sexuels, des viols. Elles ont vécu la violence familiale, l’alcoolisme et la toxicomanie. Elles ont émigré dans un État où elles n’étaient pas acceptées. Elles ont donc eu l’impression de ne pas être d’ici ou de là. Elles ont subi l’intimidation et ont été ridiculisées. C’est difficile à voir et à entendre pour vous, mais c’est ce qu’elles ont vécu. Quand on se permet d’être soi-même, on se donne les moyens d’agir. Et ça n’a pas à plaire à personne. C’est la réalité.

Lisa Bragg :
Parce que des pressions, partant de différentes intentions, sont exercées pour cacher et garder à l’intérieur les choses qui mettent les gens mal à l’aise. Ce n’est pas ce qu’ils vivent. Ce n’est pas ce qu’ils ont vu. Ce n’est pas ce qu’ils ont entendu.

Maribel Lopez :
Tout ce que j’essaie de dire à mes étudiants, c’est que je comprends. Je suis passée par là. J’y étais. J’étais cette enfant qui ne pouvait se concentrer sur ses devoirs parce qu’elle se demandait non seulement si elle allait manger ce jour-là, mais aussi si elle allait se faire violer ce jour-là. Donc, je comprends. Je le comprends. Je l’ai vécu. J’ai eu une étudiante dont le père lui interdisait de fréquenter l’école. Elle venait donc au cours en cachette. Une étudiante m’a appelé un soir, à 23 h. « Docteure Lopez, je ne pourrai pas vous rendre mon travail. Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait. Vous m’inspirez en tant que femme latina titulaire d’un doctorat. Je veux être comme vous. Je veux continuer, mais ce sera le prochain semestre, car mon mari vient de briser mon ordinateur portable et de nous jeter à la porte, ma fille de quatre ans et moi. »

Maribel Lopez :
Voilà les histoires que j’entends. C’est pourquoi nous devons partager qui nous sommes, réellement, parce que cela permet ainsi à d’autres de faire de même. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que cette étudiante est revenue, et que je l’ai vue franchir les étapes. Elle a obtenu son diplôme.

Lisa Bragg :
Comment pouvons-nous nous entraider afin que ces histoires soient partagées et diffusées, plutôt que cachées dans l’obscurité? Comment pouvons-nous contribuer à les mettre en lumière comme vous le faites?

Maribel Lopez :
Je crois qu’il faut rester connectés. Je crois que la seule chose qui est vraiment importante pour nous est de rester connectés. Nous essayons d’isoler. D’ailleurs, cela fait partie de mes traits de caractère, de ma personnalité. Parce que cacher autant de choses et garder autant de secrets en grandissant – essayer si fort de se cacher – est blessant. Il faut rester connecté et continuer à chercher. Oui. Je crois que c’est très, très important.

Lisa Bragg :
À l’heure où nous nous entretenons, nous sommes en pleine crise de COVID-19. Vous inquiétez-vous du fait que les femmes et les filles, peut-être même certains de vos étudiants, perdent du terrain pendant cette période où ils ne sont pas en mesure de sortir pour assister à vos cours ou pour aller travailler, par exemple, ou vous inquiétez-vous pour vos étudiants en ce moment?

Maribel Lopez :
Oui, je m’inquiète pour eux. Collectivement, et dans le cadre de mon programme bilingue à l’Université Loyola, nous établissons une stratégie afin d’organiser des rencontres avec les étudiants et essayons de déterminer leurs besoins personnels dès qu’ils communiquent avec moi. Oui. Il s’agit de les écouter, de prendre de leurs nouvelles et de déterminer quels sont leurs besoins immédiats. De déterminer comment nous pouvons continuer à leur offrir les ressources et à les outiller pour les aider à aller de l’avant. J’aime toujours conseiller aux étudiants, et cela vaut pour tout le monde, de se rappeler une situation difficile, dont ils croyaient ne jamais pouvoir venir à bout, et qu’ils ont surmontée. C’est pareil aujourd’hui. Cela me rappelle l’adage voulant que différentes époques appellent différentes mesures, ou quelque chose du genre.

Maribel Lopez :
On doit simplement composer avec la situation, faire ce qu’on peut, avancer. Encore une fois, concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire. Adoptez de saines mesures de précaution et de sécurité, et continuez simplement à aller de l’avant. Nous faisons face à l’adversité, et c’est dans l’adversité que nous découvrons à quel point nous sommes forts et puissants. Je crois que c’est Frida Kahlo qui a dit : « On ignore l’ampleur de notre force jusqu’à ce que la force soit tout ce qu’il nous reste. » J’y crois sincèrement. Et c’est ce que j’enseigne à mes étudiants. Je leur dis de garder les choses en perspective. C’est l’une des choses que je leur répète sans cesse : « Gardez les choses en perspective ».

Maribel Lopez :
Oui, l’éducation est importante, mais votre vie est ce qui prime. Parler de solutions, se concentrer, d’accord, je vais manger sainement. Je vais bien dormir. Je vais maintenir une attitude positive. Je ferai ce que j’ai à faire étape par étape. Ce semestre, je dois rendre ce travail. Quand dois-je rendre le prochain travail? Gérer son temps, rester concentré et faire une chose à la fois. Votre grand-mère veut discuter avec vous? Laissez donc tomber ce que vous faites et prenez un instant pour parler avec elle. Gardez les choses en perspective. C’est votre grand-mère. Vous avez un lien familial. Je suis une grand-mère, alors je ne suis pas objective. Mais c’est la même chose avec mes petits-enfants. Je me dis : « Oh, je n’ai pas parlé à mes petits-enfants. Cela peut attendre une minute. » Demain n’est plus. N’oubliez pas que le temps est le temps. Le temps est une chose qu’on ne peut récupérer. J’apprécie donc chaque moment. J’apprécie le temps.

Lisa Bragg :
Lors de l’un de nos entretiens, vous vous êtes proclamée la meilleure ambassadrice des étudiants de tous âges. Qu’aimeriez-vous que nous apprenions tous? Si vous aviez une baguette magique, y a-t-il une chose que vous souhaiteriez nous voir tous apprendre?

Maribel Lopez :
Oui.  Les étudiants de tous âges confondus doivent être écoutés. Ne vous contentez pas de les entendre, taisez-vous et écoutez-les. Et ça vient de quelqu’un qui fait toujours la leçon, comme le disent mes filles. C’est ce qu’elles disent. « Maman, tu nous fais toujours la leçon. Maman, c’est la millième fois que tu le répètes. » Les élèves voient mes filles et leur disent tout le temps : « Nous adorons votre mère, bla-bla-bla. » Et elles répondent : « Oui, parce que vous n’habitez pas avec elle 24 heures sur 24! Elle nous fait la leçon sans arrêt. » Et elles l’apprécient, même si elles s’en plaignent, elles vous le diront elles-mêmes, elles l’apprécient.

Lisa Bragg :
C’est leur boulot de se plaindre.

Maribel Lopez :
Elles vous raconteront qu’un jour, l’une d’elles participait à une fête. Je l’avais mise en garde contre certaines choses qui arrivent dans les fêtes et lui avais conseillé de ne pas céder, de dire non à certaines choses et de dire oui à d’autres. Elle m’a dit : « Tu étais dans ma tête, maman. Je suis partie et je n’ai jamais regardé en arrière. » Et elle en est reconnaissante. L’une des choses que j’aime dire aux gens au sujet des étudiants et des enfants de tous âges, c’est d’écouter ce qu’ils ne vous disent pas. Il y a une raison pour laquelle ils sont contrariés. Il y a une raison pour laquelle, parfois, ils n’y arrivent tout simplement pas. Il y a une raison pour laquelle ils ne sont pas motivés à l’école ou dans leur vie en général. Je ne peux vous dire combien d’étudiantes, de jeunes femmes, à qui j’ai parlé qui songeaient au suicide.

Maribel Lopez :
Après avoir pris la parole lors d’un événement, une participante s’est approchée de moi et je pouvais voir, – ça peut sembler très fort, Lisa –, mais j’ai lu dans son visage. On pouvait le voir dans son affect, comme la mort. Elle ne souhaitait tout simplement pas vivre. Tout le laissait voir : son affect, sa façon de regarder, son corps. Elle portait sur elle un petit sac de livres. En fait, elle avait entendu parler de ma présence à la radio et avait décidé de participer à l’événement. Mais ce jour-là, elle avait décidé qu’elle mettrait fin à ses jours. Dieu merci, nous avons été en mesure de l’aider et de lui trouver des ressources, etc.

Maribel Lopez :
Mais on ne les écoute pas. Les étudiants se sentent seuls. Certains professeurs se contentent de donner les travaux. « Faites ceci. » Et c’est tout. Je ne veux pas entendre d’excuses. Ça ne m’intéresse pas. Votre grand-mère est décédée? Ça ne m’intéresse pas. Vous avez un pneu à plat? Mais comprenez-moi bien. Je ne dis pas que tous les étudiants inventent ce genre d’histoires comme excuse pour ne pas remettre leurs travaux. Mais si vous connaissez vos étudiants, si vous les écoutez, si vous apprenez à les connaître, si vous apprenez à les étudier et si vous passez un peu de temps avec eux – je passe du temps avec mes étudiants – si vous passez du temps avec eux et apprenez à les connaître, vous pouvez faire la différence entre ceux qui mentent et ceux qui ne mentent pas. Mais en réalité, qui va à l’école et laisse tout tomber sans raison? Personne. Il y a des raisons, il y a des facteurs derrière tout ce que nous faisons.

Lisa Bragg :
Parlons un peu de votre fondation. Vous souhaitiez créer une fondation. Pour qui exactement?

Maribel Lopez :
Les étudiants, tous étudiants confondus, qui vont au collège ou à l’école de métiers. Et la raison pour laquelle je dis cela, c’est que je ne peux vous dire combien d’étudiants à qui j’ai parlé qui m’ont dit : « Vous savez quoi? Ce n’est pas un diplôme que je veux; c’est une carrière. J’ai toujours rêvé d’aller à l’école de cuisine. J’ai toujours rêvé d’être coiffeuse, d’être maquilleuse. J’ai toujours rêvé de jouer au soccer, ou peu importe. Vous suivez vos rêves, mais vous devez faire ce qu’il faut pour les réaliser. Vous devez acquérir les compétences nécessaires. Vous devez apprendre auprès des meilleurs. Vous devez suivre une formation professionnelle. Vous devez assister à des conférences. Vous devez acquérir ces compétences pour vous perfectionner. Et vous devez apprendre des meilleurs.

Maribel Lopez :
C’est pourquoi les étudiants qui demandent une bourse à la Dr. Lopez Scholarship Foundation peuvent le faire pour des études collégiales, universitaires, supérieures ou dans une école de métiers. Et ce n’est pas tout, nous venons tout juste de lancer une nouvelle bourse, l’an dernier, en octobre 2019. Trois étudiants ont déjà reçu une bourse d’études dans le cadre du tout nouveau programme bilingue de maîtrise en service social de l’Université Loyola. Ces fonds ont été remis à trois étudiants, et cette année, nous organisons une activité de collecte de fonds afin de poursuivre leur financement en 2020-2021. Et je crois que nous avons déjà 16 candidats en liste. C’est donc tout nouveau. Nous travaillons encore aux différents programmes. Je suis heureuse de vous annoncer que le volet bourses d’études de la fondation fonctionne bien. Dieu merci.

Maribel Lopez :
En ce moment, je suis en train d’établir et de peaufiner les différentes parties du programme de mentorat, car j’adorerais créer des liens avec les étudiants. Notre programme de mentorat idéal mettra les étudiants en contact avec des professionnels. Supposons par exemple qu’un étudiant souhaite avoir un balado un jour, Lisa pourrait faire partie du programme de mentorat, puis nous pourrions la mettre en contact avec un étudiant qui pourrait observer Lisa durant une journée pour voir si c’est vraiment ce qu’il aimerait faire ou pour lui poser des questions afin d’obtenir des renseignements qu’il ne trouverait nulle part ailleurs qu’auprès d’un professionnel qui fait ce travail.

Lisa Bragg :
Absolument. Vous pouvez compter sur moi!

Maribel Lopez :
C’est ce qui m’a aidée, Lisa. Des gens qui ont pris le temps de répondre à des questions auxquelles je n’aurais pas eu de réponse autrement.

Lisa Bragg :
Septembre à octobre marque le Mois du patrimoine hispanique aux États-Unis. C’est l’occasion de souligner les contributions et l’influence des Latino-Américains. On le célèbre depuis plus de 50 ans, mais j’aimerais savoir ce que vous souhaitez pour l’avenir. Qu’est-ce qui devrait changer? De votre point de vue, particulièrement en ce qui concerne les jeunes femmes ou les femmes en général, les femmes d’origine latine, sur quoi les cinq prochaines années devraient-elles être axées?

Maribel Lopez :
Je parle ici d’après mon expérience auprès des jeunes femmes d’origine latine avec qui j’ai travaillé et que j’ai mentorées, j’aimerais qu’elles aient de plus en plus confiance en elles, qu’elles soient de plus en plus fières de leur héritage. Je veux donc que les jeunes Latinas marchent la tête haute et aient confiance en elles et en leurs racines. Dans le cadre de mes recherches, je suis revenue à ma généalogie, car je me souviens que mon identité avait été brisée. Je voulais en savoir plus sur qui j’étais et sur mes forces et mes traits culturels. Et sur les raisons pour lesquelles je devrais être fière d’être une femme portoricaine, afro-caribéenne et féministe chrétienne. De quoi devrais-je être fière? J’ai cherché. Je suis retournée à ma généalogie et j’ai découvert que les femmes de la tribu étaient les leaders, elles étaient fortes et les gens les suivaient. Elles parlaient et les gens les écoutaient.

Maribel Lopez :
Cela m’a donné confiance. Je veux que les femmes d’origine latine soient fières d’être des mères et d’être des professionnelles. J’ai été mère, et professionnelle, et le suis encore. Je suis une mère et une professionnelle en même temps, et l’ai toujours été. Depuis que j’ai ouvert ma propre garderie et que j’ai commencé mes études, et je célèbre cela. Je me suis opposée au statu quo et à ce que la société et les individus pensaient et aux messages que j’ai reçus : une femme ou une femme d’origine latine devrait être ci, devrait ressembler à cela ou devrait et ne devrait pas avoir ceci. Si nous tournions une vidéo, vous me verriez. Je porte des lunettes rouges et un rouge à lèvres rouge vif. Parce que, pour moi, le rouge signifie la force. Le rouge est vivant. Le rouge est synonyme d’énergie. Pour moi, le rouge représente aussi le sang du Christ, et la femme chrétienne en moi.

Maribel Lopez :
C’est pourquoi je tiens à exprimer ma fierté et à voir les jeunes Latinas être fières de qui elles sont. Mes filles n’ont pas que des origines latines, mais aussi texanes, amérindiennes, espagnoles et afro-caribéennes. Quand je les regarde, je leur dis : « Quand vous vous présentez, soyez fières et dites qui vous êtes. » Et elles le sont, mes filles sont si fières d’être les Latinas qu’elles sont. Et c’est ce que je veux voir. Je veux voir de plus en plus de jeunes femmes d’origine latine marcher la tête haute et célébrer leurs forces.

Maribel Lopez :
On entend parfois des choses négatives, comme « Tiens, voici des Latinos avec leurs enfants ». Amen. Nous avons des enfants. Nous sommes choyés. Soyez-en fiers. C’est un stéréotype, mais vous comprenez? Nous sommes une culture, une culture familiale. La personnalité est une de nos forces, la famille est une de nos forces. Nous devons en tirer parti. J’adore avoir la chance de voir ma famille chaque semaine. Vous n’avez pas idée du nombre d’étudiants à qui je parle qui n’ont pas de famille ou n’ont personne avec qui manger le dimanche ou n’importe quel jour de la semaine.

Maribel Lopez :
Voilà les choses que nous avons et pour lesquelles nous devons être reconnaissants. Célébrons nos forces. Voilà ce que je dirais. Pas besoin d’être « intelligent » pour aller au collège. Non. Vous devez être suffisamment intelligent pour savoir ce qui est bon pour vous, pour faire ce qui est bien et pour progresser dans la vie. C’est ce que j’enseigne à mes jeunes Latinas. C’est ce que vous voulez, alors faites ce qu’il faut pour y arriver. Quand vous – peut-être vous, Lisa – lisez un manuel ou un chapitre, vous le lisez une fois? Je dois le lire dix fois, et ça m’est égal. C’est ce que je suis. Et c’est ce que je dois faire. C’est ce que je ferai. C’est la carte qui m’a été donnée et je la jouerai bien. Vous me comprenez? C’est ce que je souhaite dire aux jeunes filles, aux jeunes Latinas.

Lisa Bragg :
C’est très inspirant et si beau. Cette authenticité, les histoires vécues par quelqu’un qui est capable de comprendre parce qu’il a vécu, et de savoir que vous êtes là et que vous avez réalisé tant de choses, tous vos rêves. C’est là que l’on comprend qu’il faut le vivre pour le comprendre. Lors de notre appel précédent, vous avez parlé de nombreuses mères qui travaillent et se sentent coupables de ne pas être à la maison pour faire des biscuits aux brisures de chocolat. Mais vous savez quoi? Les enfants peuvent survivre avec des biscuits du magasin, voire sans biscuits. Les biscuits ne sont pas essentiels.

Maribel Lopez :
Oui. C’était intéressant. Je sais que c’est une histoire amusante, parce que je me rappelle quand mes enfants étaient plus jeunes, j’entendais : « Maman, tu n’es pas comme la mère de nos amis. Lorsqu’ils rentrent à la maison, ils ont des biscuits aux pépites de chocolat frais sortis du four. » On mangeait souvent de la pizza aussi. J’achetais de la pizza, Lisa, pour que nous puissions faire nos devoirs ensemble. Au lieu de passer mon temps à la cuisine – de cuisiner sans mes enfants, puis de ne pas avoir le temps de faire mes propres devoirs –, je commandais beaucoup de pizzas. J’ai commandé beaucoup de pizzas, j’ai acheté beaucoup de gâteaux et de beignes. Nous nous asseyions à table, mangions de la pizza et faisions nos devoirs ensemble.

Maribel Lopez :
C’est amusant, car aujourd’hui, mes enfants disent être heureux que je n’aie pas cuisiné ces biscuits aux pépites de chocolat, car avec toute cette pizza, ils auraient pris trop de poids. Vous voyez, quand vous pensez mal faire les choses, détrompez-vous. Il y a une raison pour laquelle vous faites ce que vous faites. Et mes enfants me remercient aujourd’hui. Ils sont si fiers de moi. Et cela me rend fière. J’entends toujours : « Maman, nous nous réjouissons de t’avoir comme mère. Et que tu sois comme tu es. Que tu aies étudié et amélioré ta situation. » Parce que c’est aussi ce qu’ils se souhaitent. Et c’est ce qu’ils font pour eux-mêmes. Mais oui.

Lisa Bragg :
Bien sûr, c’est incroyable. Avant de conclure, à Audacieu(se), nous posons toujours à nos invitées les trois mêmes questions. Quelle est votre réalisation la plus audacieuse?

Maribel Lopez :
Bien. Je ne suis pas très adepte d’avions. C’est probablement pourquoi je ne suis jamais allée à Hawaï – j’ai entendu dire que le trajet durait 16 heures. C’est probablement ce dont j’ai besoin pour affronter cette peur, mais devinez quoi? Ma mission me motive. J’ai donc commencé à travailler comme missionnaire avec mon mari. Cela m’a menée au Pérou, au Canada et au Guatemala, mon voyage le plus audacieux. En raison de certaines choses dont j’avais entendu parler au sujet de différents aspects et de ce qui se passait là-bas, j’avais vraiment peur d’aller au Guatemala. Mais j’y suis allée, et c’est mon endroit préféré jusqu’à présent. J’en ai visité quelques-uns, dont la Jamaïque, mais le Guatemala est celui que je préfère. Et j’ai pris la parole devant 400 femmes. C’est donc ma réalisation la plus audacieuse.

Lisa Bragg :
Fantastique. Y a-t-il un moment où vous auriez aimé être plus audacieuse?

Maribel Lopez :
J’aimerais plonger dans l’océan avec l’équipement complet. Je suis allée pêcher à la main dans l’océan, littéralement à mains nues. Je n’ai rien attrapé – les poissons sont trop glissants –, mais la personne qui m’accompagnait l’a fait. Mais j’aimerais vraiment apprendre la plongée sous-marine et rester sous l’eau longtemps. J’adorerais le faire un jour.

Lisa Bragg :
Voilà qui est très audacieux. Oui. Que diriez-vous à la petite fille de 12 ans que vous étiez?

Maribel Lopez :
Maintenant, vous allez me faire pleurer, Lisa. Je lui dirais que tout ira bien. De rester sur cette voie et de continuer à croire, de continuer à rêver, parce que tout ira bien.

Lisa Bragg :
C’est ce qui conclut cet épisode d’Audacieu(se), qui vous a été présenté par BMOpourElles. Notre invitée d’aujourd’hui était la Dre Maribel Lopez, fondatrice de Latina Child Care Providers in Action et auteure, professeure et conférencière motivatrice. Ici Lisa Bragg. Si vous avez aimé cet épisode, veuillez vous abonner, partager l’épisode et l’évaluer. Merci à l’équipe de production de MediaFace, y compris à notre productrice, Sarah Senior. Merci d’avoir été à l’écoute.

 

À propos du balado :
Présenté par BMOpourElles et animé par la journaliste et entrepreneure primée Lisa Bragg, Audacieu(se) propose des entretiens qui suscitent la réflexion et qui incitent les auditeurs à prendre des décisions audacieuses, dans la vie comme en affaires.

Avertissement : Cet épisode a du contenu qui pourrait être sensible pour certains auditeurs.

 

Share This